Mission Scientifique internationale
à Itsamia, Mwali (Union des Comores)
Du 17 au 30 juillet 2010, l’Association pour le Développement Socio-Economique d’Itsamia (ADSEI) accueillait une mission Internationale composée de Simon Benhamou du CNRS de Montpellier, Paolo Luschi et son équipe de l’Université de Pise, Tomoko Narazaki de l’Université de Tokyo, Stéphane Ciccione de Kélonia et Jerome Bourjea d’Ifremer de La Réunion. L’objectif est d’étudier les mécanismes d’orientation des tortues vertes.
Itsamia a été retenu comme site d’étude en raison du grand nombre de tortues vertes venant se reproduire sur les plages de la pointe Est de la plus petite des îles de l’Archipel des Comores. Toute l’année, ce sont entre 30 et 150 tortues qui montent sur les 5 plages suivies depuis 1998 par l’ADSEI. Ce qui fait d’Itsamia le site de reproduction de tortues vertes habité le plus important du Sud Ouest de l’océan Indien. Le travail préparatoire mené par l’ADSEI a permis de sélectionner les femelles en début de saison de ponte. Les membres de l’ADSEI ont systématiquement bagué toutes les femelles montant sur les plages d’Itsamia, durant les 8 semaines précédant l’arrivée des scientifiques.16 spécimens ont ensuite été équipés de balises Argos et 4 d’entre elles de loggers enregistrant température, profondeur et vitesse.
Les tortues ont ensuite été déplacées sur le bateau Antsiva [
www.antsiva.com] à 80 milles de leur site de ponte pour êtres relâchées en mer. Le trajet des tortues pour revenir sur les plages d’Itsamia poursuivre leur cycle de ponte sera étudié par les scientifiques et comparé aux conditions environnementales pour tenter de mettre en évidence les modes de navigation des tortues en mer et à l’approche des plages de ponte.
Au départ des scientifiques, 4 tortues étaient déjà revenues pondre à Itsamia. L’ADSEI va poursuivre la surveillance des plages durant encore 1 mois pour récupérer les loggers posés sur les tortues et ainsi pouvoir récupérer les données sur le magnétisme, la température, la profondeur et l’accélération dans les trois dimensions. Les balises, quant à elles, auront déjà indiqué les trajets suivis par chaque tortue.
Partenariat ADSEI-Kélonia
Ce programme a pu être mis en place grâce au partenariat ancien entre l’ADSEI et Kélonia basé à La Réunion. Depuis 1998, les deux structures développent des programmes communs d’étude et de conservation des tortues marines qui ont montré l’importance d’Itsamia pour la reproduction des tortues vertes Chelonia mydas. Cette espèce est devenue l’emblème du village qui fait le suivi journalier des plages et les préserve du braconnage, encore intense sur les autres plages de l’île. Ce suivi montre un accroissement régulier du nombre de femelles en ponte. Un éco-tourisme génère des revenues supplémentaire pour le village qui sont en partie réinvestis dans les équipements communautaires : maison de la tortue, école, panneaux solaires.
Chaque année, depuis 12 ans Itsamia organise les Journées des tortues marines. Cette manifestation est devenue la plus importante de Mohéli, et représente une opportunité de sensibiliser la population à la préservation des tortues et de leurs habitats aux Comores.
Kélonia, Ile de la Réunion
31 août / 2 septembre 2010
Organisé dans le cadre de la Composante 5 du SWIOFP (South West Indian Ocean Fisheries Project) cet atelier financé par le projet, accueille durant 3 jours des acteurs de la zone (Afrique du Sud, Mozambique, Kenya, Tanzanie, Seychelles, Comores, Madagascar, Maurice et Réunion) impliqués dans l'étude et la conservation des tortues marines.
Durant cette formation les participants assisteront à la pose d'une balise Argos sur une tortue caouanne (jeudi 11h00 sur le Centre de soins de Kélonia). La tortue sera relâchée en mer dans quelques jours. Ils auront découvert auparavant l'ensemble des méthodes de suivi à long terme des populations de tortues marines.
Le SWIOFP est un projet financé par la Banque Mondiale, comprend 6 composantes et dont l'objectif global est de se focaliser sur des ressources marines partagées entre différents pays et exploitées par la pêche dans la région du sud ouest de l'océan Indien : état des stocks, état de pression des pêcheries, solutions à mettre en place pour une exploitation durable de ces ressources...
Plus précisément, La Composante 5 vise à évaluer et réduire les interactions avec la biodiversité et les espèces protégées dont font partie les tortues marines. Cet atelier, organisé par Kélonia et Ifremer, est co-financé par le Fond Français pour le Développement Mondial.
La coordinatrice régionale de cette composante est Mm Hurbungs Mira Devi du centre de recherche halieutique du Ministère de la Pêche et de Rodrigues à Maurice qui est présente pour superviser cet atelier. Participe également à l'atelier le Dc Jack Frazier expert international sur les tortues marines qui intervient dans la zone depuis 1970. Ce sont les scientifiques de Ifremer et Kelonia qui dispensent cette formation. Kelonia ayant été retenu pour accueillir l'atelier en raison de ses infrastructures et des programmes de suivi menés à La Réunion depuis plus de 30 ans, qui permettent d'illustrer l'intérêt de ce type de programme à long terme.
Les tortues marines sont des espèces migratrices longévives (maturité sexuelle tardive entre 15 et 30 ans) qui occupent au cours de leur cycle biologique des habitats diversifiés réparties sur l'ensemble de la zone Océan Indien. La coopération régionale est donc indispensable pour évaluer l'état des populations et mettre en place des mesures de gestion et de préservation efficaces. La standardisation des protocoles est un élément déterminant pour pouvoir comparer et analyser les résultats des programmes de recherche.
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2007 © Kélonia, l’observatoire des tortues marines Saint-Leu, île de La Réunion - France |
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